Techo : A la rencontre des bidonvilles

Lors de notre séjour à Cordoba en Argentine, nous sommes allés à la rencontre des bidonvilles avec l'association Techo.


Villas, favelas ou bidonvilles, même combat !

Les bidonvilles sont des quartiers où habitent les habitants très pauvres. Le plus souvent, ils n'ont pas l'eau courante et l'électricité, leur "maison" est construite sur un terrain qui ne leur appartient pas et le quartier s'organise par lui-même.

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Distribution de ballons pour les enfants des bidonvilles

Les bidonvilles se situent souvent à la périphérie de la ville. En Argentine, comme à Cordoba, ils se situent près des quartiers très riches : des quartiers entourés par un mur et très sécurisés, avec des gardiens qui contrôlent toutes les entrées. 

En argentine, seul un mur sépare la richesse de la pauvreté absolue, d'un côté les quartiers sécurisés et d'un autre les villas (prononcé "vijas")...

Les bidonvilles, partout dans le monde, même en France...

Des bidonvilles, il y en a partout dans le monde, y compris dans les pays les plus développés, comme la France... voici quelques exemples :

  • Les villas en Argentine où nous sommes allés.
  • Les Favelas au Brésil, vous en avez surement entendu parlé lors de la coupe du monde à Rio.
  • Les bidonvilles en Inde.
  • Les camps de migrants en France, comme à Calais.
  • Les camps de Roms en France, dans les grandes villes.

Des quartiers défavorisés

Les habitants vivant dans les bidonvilles doivent faire face à de nombreux problèmes. Le premier, ils trouvent difficilement du travail et ont très peu d'argent, de ce fait, ils vivent dans des conditions très précaires. 

Lors de notre visite, nous avons par exemple vu une famille avec 3 enfants dont un bébé, qui vivait dans une "maison" de 20 mètres carrés. On met maison entre guillemets car par maison on entend des murs de parpaings et un toit en tôles, autant dire que nos garages en France sont bien mieux...

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Des habitations plutôt sommaires...

Une autre difficulté que rencontrent les habitants des bidonvilles, c'est l'insalubrité générale du quartier. Le gouvernement les aide en général très peu, voir pas du tout. Les routes sont faites de terre qui se transforme en boue lorsqu'il pleut, il n'y a pas l'eau courante, l'électricité est sauvage.

La pauvreté ambiante amène forcément son lot de problèmes : violences, drogues, vols...

Techo, un toit pour un avenir meilleur

Techo est une association qui oeuvre dans les bidonvilles d'Amérique du sud. Nous avons eu la chance de passer une journée avec les bénévoles de Cordoba, dont Alice, une amie de Marie, fait partie.

L'objectif de l'association est de lutter contre la pauvreté extrême en aidant à la construction de maisons et via divers programmes, d'éducation notamment. Aujourd'hui, plus de 700 000 bénévoles contribuent à apporter un avenir meilleur dans les bidonvilles d'Amérique du sud et plus de 100 000 maisons ont été construites.

Notre rencontre avec les villas de Cordoba

Lors de notre séjour à Cordoba, Alice, la copine de Marie, nous a proposé d'aller dans les villas avec l'association Techo dont elle fait parti. Nous avons forcément accepté et on a rejoint une dizaine de bénévoles dans le centre ville de Cordoba. En plus des bénévoles, il y avait aussi une classe de collège qui était présente pour découvrir les villas et l'association, il faut savoir qu'ici les étudiants sont très impliqués, beaucoup plus qu'en France...

L'objectif de la journée était d'aller à la rencontre des habitants et de mener des entretiens avec eux pour voir s'ils ont le besoin urgent d'avoir une maison. 

Le quartier Nueva Esperanza

Le quartier que nous avons rencontré se situe à une heure du centre ville et s'appelle "Nueva Esperanza" ou "Nouvelle espérance". Quand on sait que c'est un bidonville, il suffit de s'imaginer l'avenir des enfants pour trouver le nom presque ironique...

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Les rues du quartier Nueva Esperenza par temps sec.

Les rues sont faites de terre, il n'y a pas d'eau courante mais les habitants peuvent se raccorder sauvagement à l'électricité. Le quartier est desservit par les bus, ce qui permet aux habitants d'aller travailler en ville en lavant des carreaux par exemple. 

En soit, le quartier n'est pas si mal et les habitants s'organisent plutôt bien.

Des entretiens pour lutter contre la pauvreté extrême

Nous avons commencé les entretiens par petits groupes. Pour notre part, nous étions avec Alice qui était notre leader, la classe ! Notre ressenti, c'est qu'il est assez difficile de dire si une famille est en situation d'urgence ou pas... 

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Notre groupe, avec Alice en leader !

Lors de notre première entrevue, on tombe sur une famille de 5 personnes dont un bébé. Ils vivent dans une pièce de 25 mètres carré, ce qui fait vraiment très petit. Nous avons jugé leur situation comme bonne car la maison était construite avec des parpaings, le sol était dur et le toit imperméable. En France, nos garages sont bien mieux, mais ici c'est plutôt pas mal.

Lors de la seconde visite, c'est une famille de trois personnes : un homme handicapé, sa mère et sa nièce. Ils vivent dans une pièce de 15 mètres carré. L'homme est obligé de dormir à même le sol, faute de place et de lit. Outre l'aspect matériel, on peut aussi penser au fait qu'ils n'ont aucune intimité.  Il n'y a pas de porte, le toit est fait de tôles et la pluie peut facilement rentrer, on ne parle même pas du froid ! La situation a été jugée urgente et il y a de fortes chances pour que l'association leur construise une maison.

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Difficile de délibérer et de juger d'une situation d'urgence ou non...

La construction des maisons

Une fois les entretiens terminés, l'association sélectionne les personne les plus dans le besoin et leur construit une maison. C'est une petite maison de bois bien isolée et surélevée pour éviter les inondations, un grand luxe quoi !

Les familles doivent contribuer financièrement à la construction à hauteur de 80 euros. Ca peut paraître dérisoire, mais certains doivent payer en plusieurs fois. 

Le processus peut être long, il faut plusieurs entretiens pour évaluer la nécessité d'une nouvelle maison pour les familles et ainsi voir si leur situation évolue. Certaines personnes sont même "bloquées" pendant cette attente. Par exemple, une dame a économisé pour sa nouvelle maison sans être sure que cela se ferra. Elle aurait aimé connaitre la décision finale pour savoir si elle garde cet argent ou si elle peut acheter des affaires à ses enfants. C'est dans une situation comme celle-ci que l'on se rend compte ce que représente 80€ pour certaines personnes, alors que pour nous cela peut sembler dérisoire.

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Un petit garçon monté avec son chien sur un tas de parpaings

Une fois la décision finale prise, les bénévoles se réunissent sur un week end, construisent les maisons avec l'aide des voisins, un bon moment convivial que nous aurions aimé partager. Les bénévoles considèrent ce moment un peu comme l'aboutissement du travail.

Notre ressentit sur cette journée avec Techo

On voulait vraiment remercier Alice pour l'accueil mais aussi pour nous avoir permit d'aller dans les bidonvilles, ce que nous n'aurions pas pu faire sans elle. On trouve d'ailleurs cela très beau de sa part de faire partie de cette association, étudiante en éramus elle consacre tous ses samedi à l'association. Merci Alice !

On avait déjà vu beaucoup de pauvreté en Asie, nous n'avons donc pas été choqué de ce point de vue. On a trouvé que le quartier s'organisait bien, comme une petite ville avec ses petites épiceries. Certaines maisons sont même bien entretenues, malgré le peu de confort et d'équipement. D'un autre coté, nous avons été choqué par le fait que les enfants semblent vraiment livrés à eux-même, les plus grands s'occupent des plus petits par exemple. Pour une comparaison choquante, les jeunes filles qui ont encore des poupées chez nous, s'occupent de vrais bébés ici.

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Les enfants, livrés à eux même...

En France, il est inconcevable d'avoir une famille de 5 personnes qui vit dans une pièce de 15 mètres carrés sans sol dur avec un seul lit, parfois sans eau ou électricité.... C'est en quittant notre zone de confort qu'on se rend vraiment compte de la chance que l'on a.  C'est sur ce point que le voyage nous a le plus fait grandir.

On trouve aussi que, de manière générale, nos comportements sont très individualistes, malgré nos niveaux de vie aisés. Ici, il n'est pas rare que les étudiants intègrent les associations comme Techo. 

On se dit que finalement, nous avons les mêmes problèmes à coté de chez nous, avec les camps de migrants à Calais par exemple, mais que personne ou presque s'en préoccupe, si ce n'est pour dénigrer... Le voyage nous ouvre encore plus l'esprit et on pense vraiment de plus en plus à s'engager dans une association humanitaire à notre retour en France.


Si vous le souhaitez, vous pouvez regarder le film Favelas qui illustre bien les problèmes de corruption et de pauvreté dans les bidonvilles d'Amérique du sud.


Notre journée avec l'association Techo a été beaucoup plus enrichissante qu'une simple visite d'un beau paysage. C'est aussi ça le voyage, découvrir le monde sous toutes ses facettes.



Commentaires (2)

  • lefebvre astrid Il y a 2 ans

    J'imagine que vous mesurez la chance que vous avez. Votre sensibilité et votre courage vous animent pour vous engager à lutter contre l'injustice et la pauvreté. Bravo à vous. Gros bisous Maman

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  • Ramaya Il y a 2 ans

    Malheureusement la misère se retrouve partout dans le monde !!!!! Il y a encore un long chemin ......

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